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Minorque, une idylle méditerranéenne

Plages, culture et gastronomie dans un reportage de voyage conservé en archives.

29 Octobre 2024

Plages, culture et gastronomie dans un reportage de voyage conservé en archives.

Reportage d’archives : les ouvertures, les vols, les chiffres de population et les disponibilités des restaurants renvoient à la période du texte original, notamment 2020–2022. Vérifiez les informations actuelles avant votre voyage.

La fascination pour l’île est irrésistible. Ce voyage fait étape à Ciutadella et à Mahón, sur les plages préservées et auprès des repères essentiels pour ne rien manquer.

On ne va pas simplement à Minorque : on y revient. Et chaque retour ressemble à une première fois. Depuis le bateau ou l’avion, sa silhouette verte, légèrement rocheuse et entourée de bleu annonce les plaisirs à venir. La plus septentrionale et la deuxième plus grande des îles Baléares n’est que la troisième par sa population. Son caractère relativement paisible a contribué à préserver ses paysages, son identité et son attachement aux produits locaux. Ses terres et sa mer composent une réserve de biosphère de l’UNESCO ; son ciel bénéficie d’une reconnaissance Starlight pour l’observation des étoiles et sa gastronomie a été célébrée par le titre de Région européenne de la gastronomie en 2022.

Carte situant Minorque dans les îles Baléares au large de la côte méditerranéenne espagnole

Dans une île d’environ 53 kilomètres de long sur 19 de large, la poésie du paysage fait naître un sentiment d’appartenance. Dans son poème Menorca, Miquel Martí i Pol évoque une île au bord du temps, transformant la chaleur de l’Orient en lumière, sable, mer, pierre et mystère. Tout semble y trouver sa place, et le visiteur s’y sent rarement de trop. Dans Bréviaire méditerranéen, Predrag Matvejević présente l’identité méditerranéenne comme un choix et une construction plutôt qu’un simple héritage. Minorque inspire ce type d’émotion. Son attrait pour un tourisme éclairé s’est enrichi avec l’ouverture de Hauser & Wirth Menorca, le 17 juillet 2021, avec une exposition de l’artiste afro-américain Mark Bradford. Le reportage décrivait 1 500 mètres carrés répartis entre huit galeries, un jardin accueillant des œuvres de Chillida et Louise Bourgeois, une boutique et un restaurant. Le centre occupe l’ancien hôpital naval d’Illa del Rei, au milieu du port de Mahón. La restauration a été menée par l’architecte Luis Laplace et les jardins conçus par Piet Oudolf, connu pour son travail sur la High Line de New York.

À l’époque du reportage, l’intérêt pour Minorque progressait rapidement. Le texte signalait une multiplication par seize des visiteurs français en dix ans, les plaçant en tête des statistiques à la fin de 2020, devant les Britanniques, les Italiens et les Allemands. L’offre hôtelière se diversifiait, des domaines historiques restaurés de Les Domaines de Fontenille, Torralbenc et Es Bec d’Aguila, au palais Can Faustino à Ciutadella et aux hôtels de charme tels que Cristine Bedfor, à Mahón. L’article annonçait aussi neuf nouvelles liaisons estivales directes de Ryanair, trois nationales et six européennes, dont Bordeaux, Marseille et Toulouse. Transavia ajoutait des vols depuis Paris, Lyon et Nantes. Il s’agit de références historiques, et non d’un programme de vols actuel.

La richesse naturelle de Minorque ne se limite pas aux plages, même si elles restent le grand attrait de l’été. Le texte d’origine évoquait alors une population passant d’environ 96 000 à 200 000 habitants pendant la saison. Pour profiter des criques, il faut d’abord comprendre le vent. Tramuntana, llevant, marinada, migjorn, mistral : ces noms deviennent vite familiers, car choisir une plage implique d’en vérifier l’exposition. Un vent du nord peut favoriser le sud, tandis qu’un vent du sud peut rendre le nord plus agréable. Les conditions du jour et les conseils locaux aident à choisir un lieu abrité ; un habitant saura souvent suggérer une plage et le moment opportun pour en changer.

Eau limpide, sable roux et rochers au large de Cala Pregonda à Minorque
Cala Pregonda, una de las playas del norte de la isla de Menorca. GONZALO AZUMENDI

De plage en plage

Le nord de l’île est généralement plus sauvage et ses plages parfois moins accessibles. Cavalleria fait exception : un chemin présentant quelques dénivelés mène à cette plage préservée de près de 500 mètres, au sable grossier et à l’horizon dégagé. Tout aussi naturelle, Binimel·là possède une plage principale que l’on approche en voiture et plusieurs petites criques sur la droite, le long du Camí de Cavalls, dont nous reparlerons. Na Macaret convient aux familles. Pour changer de paysage, Cala Pregonda associe sable roux, eau limpide et rochers singuliers émergeant de la mer. L’effort du trajet s’oublie rapidement. Près de Ciutadella, les plages d’Algaiarens, Dels Tancats et Des Bot, récompensent les quelque vingt minutes de marche depuis le parking. Le reportage signalait aussi Ivette Beach Club, à Cala Morell, pour son emplacement et ses vues.

Carte des plages du nord de Minorque, de Cala Morell à Es Grau

Dans le sud, Es Canutells, facile d’accès, permet de découvrir les plages de sable plus fin et blanc bordées d’une eau transparente. Binigaus, près de Sant Tomàs, conserve elle aussi un aspect préservé. Le reportage proposait de se garer près du restaurant de plage Es Bruc et d’y faire une halte pour des moules à la vapeur. À Cala en Porter, il mettait en avant l’itinéraire des grottes de Kayak Menorca : trois heures au pied des falaises et des grottes d’en Xoroi, dont la terrasse figure sur tant de cartes postales, de la Llum et de Sant Josep, jusqu’à Cales Coves, longtemps associée au naturisme et à une atmosphère bohème. Son Bou, non loin de là, se prête également aux activités nautiques. Vérifiez les horaires et les modalités actuelles auprès des prestataires.

Carte des plages du sud de Minorque, dont Macarella, Binigaus et Son Bou

Cala Macarella et Cala Macarelleta sont presque reliées. Elles comptent peut-être parmi les plages les plus photographiées de l’été à Minorque : leur beauté l’explique dès l’arrivée. Les parois calcaires abritent une eau turquoise, bordée de sable blanc et de pins. La fréquentation peut compliquer la visite, mais en septembre, par exemple, les heures passent sans que l’on s’en aperçoive. Cala Mitjana partage ce charme. Pour aller plus loin, des marches entre les rochers et les pins sur la gauche conduisent vers Cala Trebalúger. Le long chemin, parfois difficile, débouche sur une crique dont la beauté sauvage récompense l’effort. Cala Turqueta, Es Talaier, Fustam et Cala Tortuga sont d’autres noms à retenir. Ces plages invitent à s’abandonner au paysage, comme on relit un poème familier en y découvrant quelque chose de nouveau. Embruns, pins, rochers et sable ramènent aux sens. L’équilibre entre ces éléments naturels contrastés crée des souvenirs qui prolongent le voyage.

Randonneurs sur un sentier côtier rocheux au bord de la mer à Minorque
El Camí de Cavalls en dirección a cala Pilar, en la localidad de Ciudadela. GONZALO AZUMENDI

Lorsque le vent ne vient ni du nord, ni de l’est, ni du nord-est, Sa Mesquida, juste après le village du même nom au nord de Mahón, peut être un excellent choix. Si proche de la ville, elle semble pourtant appartenir à un autre monde. Plus haut sur la côte est, le petit village d’Es Grau, dans le parc naturel de S’Albufera des Grau, possède une plage aux eaux très peu profondes appréciée des familles avec de jeunes enfants.

Carte situant le parc naturel de S’Albufera des Grau et Sa Mesquida près de Mahón

Les repères à connaître à Minorque

Au-delà des plages, certaines traditions font partie du quotidien de Minorque : les murs de pierre sèche, liés à un savoir-faire inscrit au patrimoine mondial ; les fêtes patronales où les chevaux occupent une place centrale ; et les portails caractéristiques en bois d’olivier sauvage. Sans oublier les éléments suivants.

01 Camí de Cavalls. Cet itinéraire de chemins permet de faire le tour de l’île à pied, à cheval ou à vélo. Le reportage souligne le travail de restauration réalisé avec le studio d’architecture et de paysage d’Isabel Bennasar. Pour elle, conserver son caractère suppose de trouver un équilibre entre la découverte du milieu rural et sa protection. En architecture aussi, elle défend la remise en valeur des traditions et la réutilisation des bâtiments et infrastructures devenus obsolètes pour créer des projets intégrés à leur environnement.

02 Les phares. Punta Nati, Cavalleria et Artrutx ponctuent le littoral de leur silhouette évocatrice. Favàritx se distingue par sa taille et son cadre ; construit en 1922, il servait la navigation entre l’Algérie et Marseille. Martí i Pol a consacré un poème à ce lieu, imaginé comme un endroit où le monde pourrait finir ou commencer.

03 S’Albufera des Grau. Le parc naturel englobe une lagune, Illa d’en Colom et le cap de Favàritx. Sur plus de 5 000 hectares, ses cinq réserves naturelles réunissent zones humides, terres agricoles, forêts et littoral. Une belle promenade suit le Camí de Cavalls de Favàritx vers Es Grau, en passant par Cala Presili et Cala Tortuga. Le texte d’origine décrit un parcours de six kilomètres entre côte préservée et dunes, parmi les roseaux, les genévriers, les oyats et les panicauts maritimes, ponctué de plages.

04 Les talaiots. Dans Mô, hommage musical de Serrat à Mahón, un talaiot évoque la longue histoire de l’île et sa vigilance face à la mer. Ces monuments de pierre préhistoriques font partie du remarquable patrimoine archéologique minorquin. La Naveta des Tudons en est l’un des bâtiments emblématiques. Les sites de Talatí de Dalt, Torre d’en Galmés, Torralba d’en Salort, Trepucó, Son Catlar et Sant Agustí Vell permettent d’explorer ce passé lointain.

Labyrinthe de pierre au pied des hautes parois des carrières de Lithica
El recinto de canteras de piedra marés Lithica – Pedreres de S’Hostal. GONZALO AZUMENDI

05 La pierre de marès. Ce grès local donne leur caractère aux bâtiments historiques de Ciutadella et de Mahón. Pour en comprendre l’histoire, Lithica – Pedreres de s’Hostal rassemble des carrières de différentes époques dans un site singulier. La pierre inspire encore l’architecture : en 2018, Ensamble Studio a conçu la maison Ca’n Terra à l’intérieur d’une carrière.

06 La caldereta. La soupe de langouste suscite une ferveur comparable à celle des plages : on demande une adresse et l’on en reçoit vingt. Commencer le plat est un plaisir ; le terminer presque un regret. Fornells est étroitement liée à cette recette autrefois préparée par les pêcheurs. Le reportage suggérait Es Cranc, Es Port, Sa Llagosta ou Can Tanu pour la découvrir.

07 La pomada. Le gin Xoriguer, issu de l’héritage britannique, est une autre marque de l’identité locale. Mélangé au citron, il devient la boisson traditionnelle des fêtes de l’île. Très fraîche, elle peut se boire avec une facilité trompeuse.

08 Les llocs. Ces maisons de campagne ou domaines agricoles sont présents sur les hauteurs de l’intérieur de l’île. Leur architecture traditionnelle et leurs murs blancs les rendent reconnaissables.

Deux capitales

À l’est de l’île, Mahón est la capitale actuelle de Minorque. Son port naturel, long d’environ six kilomètres, est l’un des plus grands d’Europe et mérite à lui seul une promenade. Dans ce même ensemble portuaire se trouve Cales Fonts, à Es Castell, un petit monde de restaurants et de traditions maritimes. Le centre historique de Mahón abrite le Teatro Principal, opéra datant de 1829, et les marchés du Claustro et du Peix, où visiteurs et habitants se retrouvent autour des fromages, de la sobrasada, des ensaïmadas et du poisson. Le reportage citait la céramiste Blanca Madruga et le peintre Pol Marban pour illustrer la création locale. Il saluait également les aménagements du centre, notamment la piétonnisation de Bastió, ainsi que la réorganisation de la circulation autour de S’Esplanada, soutenue par l’association de quartier, pour des promenades plus sereines.

Bâtiments historiques et rue piétonne de la vieille ville de Ciutadella
Calles del centro histórico de Ciudadela (Menorca). TMO TRAVEL ALAMY

À l’autre extrémité de l’île, à seulement 46 kilomètres, se trouve Ciutadella. Son statut d’ancienne capitale, avant la domination britannique, explique la richesse de son patrimoine : les palais Salort et Torre-Saura, l’hôtel de ville et son généreux point de vue, ou la cathédrale Santa Maria. Les rues médiévales invitent à flâner, surtout après un panet de sobrasada et de fromage au café Imperi.

Sur l’animée Plaça des Peix, le reportage recommandait Ulisses pour un apéritif qui se prolonge en déjeuner puis en après-midi tranquille. Il suggérait aussi Smoix, Es Tast de na Silvia et une conversation avec les habitants à Sa Prensa. L’architecture contemporaine offre un autre regard : le centre de soins Santa Rita de Manuel Ocaña, l’auberge Sa Vinyeta de Ripoll-Tizón et la maison minimaliste Casa E de Marina Senabre, à Es Mercadal.

À la fin de la journée, une plage ou une terrasse invite à contempler le ciel étoilé et à se souvenir des couleurs et des parfums du jour. La capacité de l’île à préserver son caractère explique son attrait durable. Pour ceux qui en tombent amoureux, le firmament semble assez vaste pour accueillir tous les cieux imaginés dans la musique de Jaume Sisa.

D’autres pistes du reportage original

Plat de fruits de mer servi sur une table en extérieur à Minorque
Detalle del restaurante del hotel Cristine Bedfor, en Mahón. DANIEL SCHAEFER

Ces suggestions sont conservées du reportage d’archives. Vérifiez directement les horaires, les menus et les disponibilités actuels.

  • Can Bernat des Grau, sur la route de Maó à Fornells : un restaurant possédant son bateau, avec une carte courte et du poisson frais (650 97 46 85).
  • Balear est un classique de Ciutadella, auquel le reportage associait son établissement frère Pins 46.
  • La Caraba, à Sant Lluís, était mise en avant pour son caractère minorquin.
  • Can Los, à Es Castell, était recommandé pour la langouste accompagnée d’œufs et de pommes de terre frits (971 15 73 73). Sur le port, le texte signalait aussi Trébol.
  • Dans le centre de Mahón, Ses Forquilles était annoncé fermé jusqu’à l’automne suivant au moment de la rédaction. La même équipe dirigeait Rais sur le port, réputé pour ses riz, et la restauration de l’hôtel Cristine Bedfor, qui venait alors d’ouvrir.
  • Sa Sucreria, à Es Mercadal. Le nom ensaïmada vient de saïm, la graisse de porc utilisée dans la pâte. Outre la version classique, le reportage conseillait celle à la sobrasada.
  • Cap Roig associe vue sur la crique de Sa Mesquida et cuisine minorquine, selon le reportage original.
  • Côté culture, le centre culturel Ca n’Oliver aide à comprendre l’importance de Mahón durant les périodes britanniques. À Ciutadella, la galerie Vidrart expose l’art moderne et contemporain et soutient les artistes locaux.
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